EXPLOITATION SEXUELLE DES ENFANTS : LES ELEVES OFFICIERS OUTILLES SUR LA QUESTION

par A. Ouedraogo
Affichages : 1310

L’exploitation sexuelle des enfants est une réalité au Burkina Faso comme dans certains pays dans le monde. C’est ainsi que face à l’ampleur du phénomène, l’ONG ECPAT (End Child Prostitution And Trafficking) mène des actions au Burkina Faso et à l’international pour mettre les enfants à l’abri de l’exploitation sexuelle à des fins commerciales en privilégiant la collaboration avec les partenaires et acteurs nationaux comme la Police Nationale. C’est dans ce cadre que cette ONG a animé une conférence ce mercredi 06 décembre 2017 au profit les élèves officiers de l’Académie de Police. Futurs officiers de police judiciaire, les élèves officiers seront compétents pour connaitre et traiter de telles infractions. Une efficacité dans la lutte contre ce phénomène requiert donc sa bonne connaissance par les OPJ d’où la pertinence de cette formation.

L’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales recouvre le phénomène des enfants en situation de prostitution, la pornographie mettant en scène des enfants et la traite des enfants à des fins sexuelles.

Il s’est donc agi au cours de la conférence de faire un état des lieux du phénomène au Burkina Faso et de décortiquer la loi 011-2014 /AN portant répression de la vente d’enfants, de la prostitution des enfants et de la pornographie mettant en scène des enfants. Pour ce faire, les conférenciers, tous des magistrats que sont messieurs Sékou TRAORE, Clément ZOUMA et Moriba TRAORE, se sont à tour de rôle appesantis d’une part sur les incriminations et les peines, et d’autre part sur les procédures et les garanties accordées aux victimes tout comme aux témoins.

En effet, la loi en ses articles 05 à 17 prévoit des peines allant de 05 ans à une condamnation à perpétuité avec une amende allant de 1 500 000 à 6 000 000 FCFA. Ces différentes peines sont fonctions des circonstances aggravantes (qualité de l’auteur ou cas de récidive). En ce qui concerne la procédure, la loi laisse une latitude aux OPJ en ce qui concerne les heures de perquisitions et les saisies. En outre, il y a la notion de liberté de preuve et l’obligation de dénonciation. Elle prévoit en plus des mesures d’accompagnement des victimes et des témoins (article 18 à 28).

A l’issue de cette conférence, les élèves officiers de la 2e promotion qui sont sur le module 5 (Police judiciaire) sont assurés de compléter leur formation en Procédure Pénale applicable aux mineurs.

La pertinence du sujet et l’intérêt que les élèves y ont porté invitent à la pérennisation de cette formation pour les autres promotions.