RENTREE SOLENNELLE 2018-2019 : VOICI LE RESUME DU PANEL SUR LE ROLE DE LA POLICE DANS L’AFFERMISSEMENT DE LA BONNE GOUVERNANCE

par Webmaster.
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Du 15 au 16 novembre, ce sont déroulées les activités de la rentrée solennelle 2018-2019 de l’Académie de Police. Cette rentrée solennelle a été placée sous le signe de la bonne gouvernance. A cet effet, il s’est tenu un panel qui a vu des illustres personnalités développer le thème « Rôle des agents d’application des lois dans l’affermissement de la bonne gouvernance » sous le regard du personnel, des élèves et de quelques invités.

Moriba TRAORE, Magistrat à la cour d’appel de Ouagadougou et Président du Syndicat des Magistrats Burkinabé s’est appesanti sur la question des lois et surtout de leur application qui sont gages de bonne gouvernance dans un état de droit. Ce qui confère un rôle incontournable aux agents d’application de ces lois. De par ce rôle, ils doivent être des exemples, des citoyens modèles car ils sont chargés de promouvoir, de respecter et de faire respecter les lois. Cette exemplarité ne doit pas seulement provenir du port de la tenue mais surtout de leur capacité à connaitre et à comprendre les contenus des lois qui doivent s’appliquer. Mais au préalable, les lois doivent être élaborées en quantité et surtout en qualité pour garantir de bonnes conditions d’application.

La bonne gouvernance dans l’institution policière a été abordée par le Dr Abdoul Karim SAIBOU du Centre pour la Gouvernance Démocratique qui est politologue et enseignant à l’Université de Ouaga 2 (UO2). Selon lui, sa légitimité à l’interne comme à l’externe, dépend beaucoup de la politique de bonne gouvernance. Ainsi, la transparence dans la gestion des ressources augmentera le capital confiance vis-à-vis de la population et favorisera leur collaboration et leur participation ainsi que celle de tous les policiers. La participation bien que nécessaire et importante, n’enlève en rien le pouvoir de décision de la hiérarchie. De ce fait, les cadres d’échanges commandement-exécution doivent être crées mais maitrisés et régulés.

Quant au Commissaire Divisionnaire de Police BASSINGA Bapio Pierre, Directeur de Sécurité Publique, il a soulevé la question de la sécurisation du territoire notamment le maillage sécuritaire qui est défaillant. Beaucoup de communes ne disposeraient d’aucun service de sécurité pendant que d’autres profitent du doublon Police-Gendarmerie. Il se pose alors un problème d’ordre organisationnel et structurel des différentes forces qu’elles soient de la sécurité intérieure ou de la défense du territoire. Pourtant, la Stratégie Nationale de Sécurité Intérieure décline les attributions et les domaines d’intervention de chaque force. Qu’est-ce-qui doit être fait ? La question reste posée dans un contexte ou la cohésion entre ces forces qui devaient être un acquis, est plutôt remise en cause et réclamée par les populations.

L’assistance n’a pas manqué de poser des questions auxquelles les panelistes, sans langue de bois, ont apporté des éléments de réponse. Il s’agissait notamment des questions sur : le rôle et la contribution des OSC et des politiques, la guerre des polices et le maillage sécuritaire. En outre, des recommandations ont été faites à savoir :

  • -    La prise en compte dans les lois élaborées, de la protection des agents chargés de leur application ;
  • -   La nécessité d’une approche globale pour clarifier les rôles et les attributions de tous les acteurs du dispositif sécuritaire ;
  • -    La création d’un centre qui se penchera sur les questions de stratégies en matière de sécurité ;
  • -   Il est impératif de connaitre et de comprendre ce que vivent les populations pour lutter efficacement contre l’insécurité ; d’où la nécessité pour la Police Nationale de diligenter ses propres enquêtes pour disposer ainsi des données scientifiques fiables sur lesquelles elle pourrait se baser pour garantir de meilleurs qualités de service ;

La richesse des débats a été telle qu’il a été demandé à l’Académie de Police de multiplier ce type d’activités qui d’une part permet de renforcer les capacité des uns et des autres sur certaines thématiques et d’autre part offre un cadre de discussion. En rappel, les débats ont été modérés par le Directeur Général de Burkina Infos, Ismaël OUEDRAOGO et le Commissaire de Police Yannick Marcel KAFANDO. Avant que prenne fin ce panel, le Directeur de l’Académie a tenu à remercier les différents participants et surtout les panelistes pour les différents apports.

Bonne année académique 2018-2019 à tous les élèves et étudiants !!!